L'actualisation des scénarios de besoins en logements de l’Etat et la mise à jour de l'outil pour la territorialisation de la production de logements (OTELO)

La cinquième conversation du programme BEL, tenue en juin 2025, a réuni Olivier Aguer et Béatrice Boutchenik du Service des données et études statistiques (SDES) ainsi que Luc Bercegol de la Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages (DHUP) et Olivier Dupré du Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA), pour présenter deux chantiers menés en parallèle : la nouvelle étude du SDES sur les besoins en logements à l'horizon 2050, et la mise à jour de l'outil Otelo de territorialisation de la production de logements.
Trois renouvellements majeurs caractérisent cette actualisation. Le premier est la territorialisation de l'analyse : le SDES propose désormais une estimation des besoins à l'échelle des zones d'emploi, unité géographique au sein de laquelle les ménages sont susceptibles de rester. Du côté d'Otelo, c'est l'échelle de l'EPCI qui est retenue, avec une nouveauté importante : les intercommunalités sont désormais invitées à formuler des hypothèses sur leurs voisins situés dans le même bassin d'emploi. Un EPCI ne peut plus estimer ses besoins en logements sans regarder ce que fait son voisin.
Le deuxième renouvellement est l'intégration du stock existant. Le SDES intègre désormais les besoins présents dans son calcul : non-logement — sans-abrisme, hébergement contraint, cohabitation subie — et mal-logement — logements trop petits ou très dégradés. Le stock à résorber est estimé à 1,4 million de situations. Ces informations sont également paramétrables dans Otelo, permettant aux élus de construire leurs scénarios en ajustant le niveau d'ambition sur la résorption avant d'estimer les besoins en construction neuve.
Le troisième renouvellement concerne la prise en compte de l'urgence climatique. Conformément aux objectifs de neutralité carbone à horizon 2050, l'étude documente l'évolution des logements vacants, des résidences secondaires et du taux de sous-occupation, et propose des hypothèses permettant de les considérer comme des gisements potentiels de logements. Ces paramètres sont également intégrés à Otelo.
Le scénario central retient un besoin de 4 millions de résidences principales supplémentaires entre 2020 et 2050, avec des perspectives très contrastées selon les territoires : le pic du nombre de ménages est atteint dans la majorité des zones d'emploi avant 2050, et les dynamiques de concentration territoriale se poursuivent autour des seize zones économiques les plus dynamiques.
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Crédits photographiques : Juliette Pavy - Terra ©




