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Dans un contexte marqué par les impératifs de sobriété foncière et d’atténuation du changement climatique, les logements déjà construits et leurs usages constituent un enjeu central de l’estimation des besoins en logements. Diviser les logements devenus trop grands, développer la colocation font partie des voies à explorer dans un contexte de forte augmentation du nombre de personnes vivant seules. Mais , les acteurs disposent encore de peu d’outils permettant d’en mesurer finement le potentiel, de le territorialiser et d’en apprécier les effets sur la qualité de l’habitat.
Le projet propose d’analyser, à l’échelle nationale et locale, les transformations du parc de logements existant — apparitions, disparitions, restructurations et changements d’usage — afin de mieux comprendre les capacités effectives de production de logements par mutation du bâti. Il s’agit d’articuler une lecture quantitative des flux qui affectent le stock résidentiel avec une analyse territorialisée des contextes urbains, des marchés du logement et des politiques publiques qui les encadrent.
À partir de données foncières et immobilières, complétée par des investigations de terrain dans plusieurs territoires contrastés, la recherche vise à estimer un potentiel de production de logements à partir du parc existant à l’échelle locale, tout en interrogeant l’environnement dans lequel ces logements sont produits. Une attention particulière est ainsi portée à la qualité des logements et des formes urbaines résultantes, ainsi qu’aux risques accrus pesant sur leur habitabilité dans un contexte de dérèglements climatiques : vulnérabilité face aux vagues de chaleur, exposition au risque d’inondations et de submersion marine....
En mettant en regard potentiel quantitatif, qualité de l’habitat et exposition aux risques des territoires, le projet entend éclairer les arbitrages auxquels sont confrontés les acteurs publics dans l’évaluation des besoins en logements. Il contribue ainsi à une approche nuancée de l’optimisation du bâti existant, attentive à la fois aux capacités de production, aux conditions d’habitabilité et aux enjeux d’adaptation au changement climatique.


Dans un contexte de tensions accrues sur les marchés du logement et de difficultés croissantes d’attractivité de certains métiers, la question du logement des agents et agentes des services publics est revenue au premier plan du débat politique. Longtemps peu abordée, elle engage pourtant des enjeux structurants, à la croisée des politiques de l’habitat, de l’emploi public, de la gestion patrimoniale et de la transition écologique.
Le projet PALACE propose d’analyser la manière dont les employeurs publics définissent les besoins en logement de leurs agents et agentes, ainsi que les réponses qu’ils y apportent, dans un contexte marqué par la contrainte budgétaire, la sobriété foncière et l’exigence d’exemplarité environnementale. Il s’agit d’interroger les outils, les dispositifs et les arbitrages mobilisés par ces organisations, ainsi que les effets sociaux et territoriaux qui en résultent.
À partir d’une enquête menée en Île-de-France auprès de plusieurs employeurs publics aux profils contrastés, la recherche examine les stratégies déployées pour faciliter l’accès au logement : mobilisation et transformation du patrimoine existant, partenariats avec les acteurs du logement, dispositifs d’accompagnement des agents et agentes, ou encore développement de logements temporaires ou dédiés. Une attention particulière est portée aux tensions entre objectifs sociaux, politiques patrimoniales et injonctions écologiques.
En observant le logement des agents publics comme un analyseur des recompositions contemporaines de l’action publique, le projet éclaire les liens entre politiques de l’habitat, gouvernance de la fabrique urbaine et transition écologique. Il vise ainsi à nourrir la réflexion sur les conditions d’un accès au logement plus juste et soutenable, tout en contribuant à une compréhension renouvelée des besoins en logements dans les territoires métropolitains.


Depuis plusieurs décennies, les politiques du logement en France reposent largement sur un objectif de production neuve soutenue. Ce modèle est aujourd’hui interrogé par les enjeux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de limitation de l’artificialisation des sols. Dans ce contexte, le rééquilibrage entre construction neuve, rénovation et mobilisation du bâti existant apparaît comme un enjeu central, encore insuffisamment objectivé dans ses effets économiques globaux.
Le projet propose d’explorer ces transformations à partir d’une approche macroéconomique par scénarios, visant à comparer différentes trajectoires de production du logement dans le cadre de la transition écologique. Il s’agit d’analyser les conséquences économiques systémiques de choix structurels en matière de production de logements, notamment en matière d’activité, d’emploi et de revenus des ménages.
Pour ce faire, le projet mobilise le modèle macroéconomique ThreeME, adapté au secteur du logement, afin de simuler plusieurs scénarios contrastés intégrant des hypothèses différenciées de construction neuve, de rénovation et de transformation du parc existant. Ces simulations permettent d’identifier les effets de ces trajectoires, de manière différenciée et interdépendante selon les territoires.
En mettant en regard les performances économiques et environnementales de ces scénarios, le projet vise à éclairer les arbitrages auxquels sont confrontés les décideurs publics dans la définition des politiques du logement, et à nourrir une réflexion sur les conditions d’une production de logements compatible avec les objectifs de la transition écologique.


Dans un contexte de tension persistante sur l’accès au logement, une part importante des ménages les plus précaires demeure confrontée à des situations de mal-logement dans le parc locatif privé. Si la mobilisation de ce parc existant et la rénovation énergétique apparaissent comme des leviers majeurs pour répondre à ces besoins, l’écart reste important entre l’offre potentielle et les logements effectivement accessibles aux publics concernés.
Le projet s’intéresse aux dispositifs d’intermédiation locative (IML), associés aux aides à la rénovation énergétique, comme point d’entrée pour analyser les conditions dans lesquelles le parc privé peut être mobilisé à des fins d’occupation sociale, tout en améliorant la qualité énergétique des logements. Il ne s’agit pas d’évaluer ces dispositifs, mais de les considérer comme des analyseurs des systèmes d’acteurs, des logiques territoriales et des conditions concrètes d’habitat qui structurent leur mise en œuvre.
À partir d’une enquête menée dans des contextes de marchés tendus et détendus du Rhône et de la Loire, le projet analyse les interactions entre acteurs publics, opérateurs associatifs, propriétaires bailleurs et locataires. Il s’attache à comprendre comment se combinent enjeux d’abordabilité, de rénovation énergétique et de localisation résidentielle, et dans quelle mesure ces dispositifs contribuent — ou non — à répondre aux besoins hétérogènes des publics concernés.
En croisant sociologie de l’action publique, analyse territoriale et observation fine des conditions d’habitat, la recherche vise à éclairer les effets sociaux et spatiaux de la mobilisation du parc privé rénové. Elle entend ainsi nourrir la réflexion sur les conditions dans lesquelles la transition écologique peut s’articuler avec la lutte contre le mal-logement.
